Les Antilles couvrent un arc insulaire qui s’étire sur plusieurs centaines de kilomètres entre l’Atlantique et la mer des Caraïbes. Naviguer en catamaran dans cette zone permet de relier des escales aux profils très différents, des réserves marines protégées aux mouillages isolés, en passant par des ports animés. Le choix des arrêts conditionne l’expérience autant que le bateau lui-même, et certaines escales méritent qu’on y consacre plus qu’une demi-journée.
Réserve Cousteau et îles des Saintes : deux escales en Guadeloupe à ne pas bâcler
La Guadeloupe fonctionne comme un archipel, ce qui multiplie les options de mouillage pour un catamaran. Deux arrêts se distinguent par la qualité de leurs fonds marins et l’intérêt de leurs sites à terre.
La réserve Cousteau, située au large de Bouillante sur la côte ouest de Basse-Terre, est une zone marine protégée qui abrite une diversité de coraux et d’espèces endémiques des Petites Antilles. Le mouillage y est réglementé : les catamarans doivent utiliser les bouées prévues pour éviter l’ancrage sur les fonds coralliens. C’est un site de plongée sous-marine et de snorkeling où la visibilité est généralement bonne grâce à l’orientation de la côte sous le vent.
Plus au sud, les îles des Saintes sont régulièrement citées parmi les plus beaux sites marins de l’arc antillais. Terre-de-Haut, la plus visitée, offre un mouillage bien abrité dans sa baie. Au-delà de la baignade, le bourg permet de se ravitailler et de découvrir le Fort Napoléon, qui surplombe la rade. Pour visiter la Guadeloupe autrement en louant un catamaran, intégrer ces deux escales dans un même itinéraire donne un bon équilibre entre nature sous-marine et escale à terre.
Martinique en catamaran : le Rocher du Diamant et les îlets du François
La Martinique propose des conditions de navigation différentes selon qu’on longe la côte caraïbe ou la façade atlantique. Deux zones méritent un arrêt prolongé.
Côte sud-ouest : la baie des Flamands et le Diamant
Le Rocher du Diamant est un îlot rocheux isolé au large de la pointe sud-ouest. Ses parois plongeantes attirent les plongeurs pour la richesse de la faune fixée (éponges, gorgones) et les rencontres fréquentes avec des tortues. La baie des Flamands, à proximité, offre un mouillage calme pour une pause entre deux plongées.
Côte atlantique : les îlets du François
Le François, sur la façade est, donne accès à un chapelet d’îlets dont l’îlet Oscar et l’îlet Thierry, protégés par une barrière récifale. Les fonds de sable blanc entre les îlets créent des hauts-fonds propices au snorkeling, connus localement sous le nom de Baignoire de Joséphine. La mer y est généralement plus agitée qu’en côte caraïbe, ce qui rend le catamaran plus confortable qu’un monocoque pour cette escale.
Grenadines : Tobago Cays et île de Moustique
L’archipel des Grenadines, partagé entre Saint-Vincent et Grenade, compte une trentaine d’îles et d’îlots. La navigation y est plus engagée qu’en Guadeloupe ou en Martinique, avec des traversées plus longues et un vent souvent soutenu. Deux escales concentrent l’attention des navigateurs.
Les Tobago Cays forment un parc marin protégé cerné par une barrière de corail. Le mouillage à l’intérieur du récif offre une eau calme malgré les alizés, et la zone abrite des tortues vertes observables en palmes-masque-tuba. Les réglementations locales imposent des frais de mouillage et interdisent la pêche, ce qui contribue à maintenir la qualité du site.
L’île de Moustique, plus au nord, relève d’un tout autre registre. C’est une île privée, fréquentée pour ses plages de sable blanc et son atmosphère feutrée. L’accès aux plages est ouvert, mais les infrastructures à terre (restaurants, boutiques) visent une clientèle haut de gamme. L’escale vaut surtout pour le contraste avec les mouillages sauvages des Cays.
Saint-Barthélemy : plage de Colombier et port de Gustavia
Saint-Barthélemy se situe plus au nord dans l’arc antillais, ce qui implique une traversée depuis la Guadeloupe ou une intégration dans un itinéraire partant de Saint-Martin. L’île présente deux escales complémentaires.
- La plage de Colombier, accessible uniquement par bateau ou par un sentier de randonnée, est un mouillage prisé des catamarans. Des tortues marines fréquentent régulièrement la baie, et les fonds rocheux permettent du snorkeling sans se déplacer loin du mouillage.
- Le port de Gustavia, capitale de l’île, accueille des bateaux de toutes tailles. Les ruelles du bourg abritent des boutiques, des restaurants et quelques vestiges historiques suédois qui rappellent l’ancien statut colonial de l’île.
- Entre les deux, plusieurs anses (Anse de Grande Saline, Anse de Gouverneur) offrent des arrêts de courte durée pour la baignade, avec peu ou pas d’infrastructures à terre.
Îles Vierges britanniques : Anegada et Tortola pour les plaisanciers
Les Îles Vierges britanniques (BVI) se trouvent à l’extrémité nord de l’arc antillais. La zone est réputée auprès des plaisanciers pour la proximité entre les îles, qui réduit les temps de traversée, et pour la qualité des mouillages protégés.
Anegada se distingue du reste de l’archipel par sa géologie : c’est une île corallienne plate, entourée de hauts-fonds et de récifs. Ses plages peu fréquentées s’étendent sur plusieurs kilomètres, et la pêche y est une activité locale encore vivante. Les langoustes grillées en bord de plage sont un classique de l’escale.
Tortola, île principale des BVI, offre un point de ravitaillement et de formalités administratives. La baie de Cane Garden, sur la côte nord, est un mouillage agréable bordé de cocotiers. C’est aussi un bon point de départ ou d’arrivée pour une boucle dans l’archipel.
Préparer un itinéraire catamaran aux Antilles : ce qui compte vraiment
Le choix des escales dépend de la durée de la croisière et de la zone de départ. Relier la Guadeloupe aux Grenadines en une semaine oblige à enchaîner de longues navigations de nuit, ce qui réduit le temps à terre. Les retours terrain divergent sur ce point : certains équipages préfèrent concentrer leur itinéraire sur un seul archipel pour profiter de chaque mouillage, d’autres privilégient la variété quitte à passer moins de temps par escale.
- Un itinéraire Guadeloupe-Martinique-Saintes tient confortablement en une semaine, avec des traversées courtes.
- Les Grenadines demandent au minimum une semaine dédiée, avec un départ depuis Saint-Vincent ou la Martinique.
- Les BVI fonctionnent comme un circuit autonome, souvent bouclé en cinq à sept jours depuis Tortola.
La saison sèche (décembre à avril) concentre la majorité des croisières, avec des alizés réguliers et un risque cyclonique nul. Naviguer en catamaran offre un avantage concret sur ces itinéraires : le faible tirant d’eau permet d’accéder à des mouillages et des hauts-fonds interdits aux quillards, comme les bancs de sable des îlets du François ou les abords des Tobago Cays.

