Allouer une semaine complète à Ubud, c’est faire le choix de la lenteur dans un lieu qui n’a rien d’un secret bien gardé. Pendant que Seminyak multiplie les adresses branchées, Ubud s’impose comme le cœur vivant de la culture balinaise. On y trouve des villas baignées de rizières, un ballet de scooters, des cafés où l’avocat est roi et des temples où le silence s’impose comme une évidence. Du lever au coucher du soleil, la ville pulse à son propre rythme, entre traditions millénaires et modernité assumée.
Un riziculteur s’active à deux pas de la villa que nous avons choisie. Ubud, perché dans les montagnes, ne joue plus la carte du village méconnu : ici, tout est déjà en place. L’anglais s’impose dans les rues, les hébergements rivalisent de charme, on passe d’une villa raffinée à un hôtel discret, on trouve une foule d’activités et de restaurants où la cuisine balinaise authentique côtoie des cafés végans ultra-connectés. Un détail qui compte pour le budget : les dépenses restent bien plus douces qu’à Seminyak.
Avant de poser le pied à Bali : deux indispensables
Avant de filer vers Ubud, deux points pratiques méritent d’être anticipés :
- Carte SIM locale : pour rester connecté et éviter de galérer avec le Wi-Fi d’hôtel, mieux vaut anticiper l’achat d’une carte SIM (XL est une valeur sûre). On peut la récupérer à l’aéroport DPS dès l’arrivée, mais la réserver en amont revient moins cher.
- Transfert aéroport : la solution la plus efficace, et souvent la plus économique, pour rejoindre Ubud depuis l’aéroport. Une réservation à l’avance garantit un prix correct. L’hébergement peut aussi organiser le trajet, mais cela coûte généralement entre 200 000 et 300 000 Rp selon la localisation. Pour organiser tout cela dans les règles de l’art, le Guide complet de Bali détaille les étapes.
Où loger à Ubud ?
Notre choix s’est porté sur la Mule Sayana Villa à Ubud. Si l’inscription Airbnb n’est pas encore faite, il existe des liens avec réduction pour les premiers séjours. Rien n’a trahi les images : une chambre spacieuse, salle de bain généreuse, piscine privée, petit salon dans le jardin et vue panoramique sur les rizières. Un vrai cocon.

Petit-déjeuner à la villa. L’envers du décor : l’isolement. Il faut compter 15 à 20 minutes de scooter pour atteindre le centre d’Ubud. Sur le papier, ce n’est rien, mais à la longue, l’éloignement se fait sentir. Malgré tout, le charme du lieu l’emporte largement.
Réservez Mule Sayana Villa à Ubud (pour bénéficier d’une réduction sur Airbnb, le lien personnel fonctionne toujours).
Se déplacer à Ubud : mode d’emploi
À Ubud comme partout à Bali, il existe plusieurs façons de sillonner la région :
- Le scooter s’impose comme le choix le plus libre. Les routes sont étroites, parfois embouteillées, et la location revient à 60 000-70 000 Rp par jour. Un plein coûte environ 30 000 Rp. Pour les novices, attention à la circulation, mais c’est le moyen le plus flexible de s’aventurer partout.
- Si la moto n’est pas une option, le taxi reste une alternative fiable. Les hébergements peuvent appeler un chauffeur à la demande.
- Pour des escapades hors du centre, opter pour une voiture avec chauffeur privé s’avère judicieux. Plus pratique que de chercher un taxi à chaque déplacement, surtout si l’on souhaite visiter les rizières ou les temples éloignés.
- Les applications comme GOJEK et Grab existent, mais leur usage reste controversé localement. De nombreux panneaux rappellent leur faible popularité, et la légalité demeure floue. Nous avons utilisé Grab pour quitter une villa isolée à Seminyak, mais impossible d’en trouver un au centre d’Ubud. En pratique : pour les trajets courts, taxi ou chauffeur privé restent les meilleures options si le scooter n’est pas envisageable.
Ubud sur la carte : repères et bonnes adresses
Pour s’y retrouver, une carte recensant restaurants et activités évoqués dans cet article est disponible. Elle aide à planifier les journées et à repérer les lieux mentionnés.
Quelles expériences vivre à Ubud ?
Au centre d’Ubud, tout est accessible à pied ou en deux-roues. Voici les incontournables :
1. Grotte Goa Gajah
Goa Gajah, la “grotte des éléphants”, intrigue autant qu’elle fascine. Sans guide, on passe à côté de son histoire. À l’intérieur, rien n’est expliqué, mais la magie opère à l’extérieur : avant d’entrer, des femmes proposent des sarongs à enfiler. Il est possible d’utiliser ceux prêtés à l’entrée, ou d’en acheter un (pas plus de 30 000 Rp après négociation). Un achat utile : ces tissus servent ailleurs durant le séjour, pour se protéger du soleil ou visiter d’autres temples.
Entrée de la grotte des éléphants
2. Promenade Campuhan Ridge
Un sentier facile, bien entretenu, cerné de végétation. En une heure, l’aller-retour se fait sans forcer, mais les arrêts photo rallongent vite la balade. Mieux vaut partir tôt ou attendre la fin de journée, car l’ombre se fait rare.
3. Sanctuaire de la forêt des singes
Hésitation au départ : les singes ont la réputation d’être imprévisibles, surtout si de la nourriture se cache dans un sac. La réalité est simple : respecter les consignes affichées partout. Ne jamais fixer les animaux, ne pas les provoquer et surtout, éviter de les toucher, même si l’un d’eux grimpe sur une épaule. Oubliez le feeding, c’est prendre des risques inutiles.
Une paire de singes au sanctuaire
Le conseil vaut d’être suivi : certains visiteurs repartent avec une morsure. Un homme s’est fait attaquer sous nos yeux, probablement parce que son sac contenait des bananes. Il a tenté d’éloigner l’animal et a fini par se faire mordre. Garder ses distances et ne jamais transporter de nourriture suffit à éviter les ennuis.
Cadre luxuriant de forêt tropicale
Au-delà des singes, le site mérite la visite : la nature y est exubérante, l’architecture en pierre donne au lieu un air de décor de film d’aventure. Même sans s’attarder sur la faune, la promenade vaut le détour.
4. Danse Kecak Fire & Trance
Un classique du mercredi et samedi soir à 19h30. La danse Kecak, entre feu et récit du Ramayana, captive autant qu’elle intrigue. Les billets s’achètent facilement sur place ou chez les revendeurs du centre, autour de 75 000 Rp. L’histoire, jouée en balinais, mérite d’être lue à l’avance : le livret fourni à l’entrée aide à suivre. En clôture, la performance de transe “Kuda Lumping” impressionne : un danseur traverse des braises en état second, sans la moindre brûlure.
Performance de danse Kecak
Explorer autour d’Ubud : escapades hors du centre
Pour ces excursions, une moto reste la solution la plus simple, mais il existe aussi des visites guidées, la fameuse “Eat Pray Love Tour” propose de belles étapes, notamment Tirta Empul et Tegallalang.
1. Rizière Tegallalang
Le riz fait partie de l’ADN balinais, tout comme en Asie. La rizière de Tegallalang, perchée au nord d’Ubud, est devenue une référence grâce à Instagram. À 30 minutes de scooter, les rizières en terrasse offrent un panorama unique, les champs épousant la falaise et les visiteurs rivalisant de clichés.
-
Terrasse de riz Tegallalang
- Rizière Tegallalang

Un fermier dans les rizières
Un conseil simple pour profiter du lieu : arriver entre 7 et 8 heures du matin. Ce n’est pas seulement pour éviter la foule, mais surtout pour échapper à la chaleur agressive du soleil balinais. Arrivés à 10h, la température était déjà étouffante et la lumière trop dure pour les photos. Le paréo acheté plus tôt s’est transformé en cape contre le soleil.
Prévoyez de la monnaie : des dons de 10 000 Rp sont parfois demandés, et on trouve des stands de boissons tout en haut pour se rafraîchir.
2. Temple Tirta Empul
Tirta Empul est une source sacrée qui fait battre le cœur spirituel de Bali. Les Balinais la considèrent comme un lieu de purification. La visite inclut la possibilité de louer un paréo, se glisser dans l’eau pour une bénédiction ou simplement observer l’eau jaillir dans la cour du temple.
Les habitants se baignent au temple Tirta Empul
L’idéal est de coupler la découverte de Tirta Empul avec une visite à la rizière de Tegallalang, le temple se trouvant à seulement 15 minutes en deux-roues vers le nord.
3. Cascade Kanto Lampo
À quelques kilomètres du centre, Kanto Lampo dévoile une cascade en terrasses encore relativement épargnée par le tourisme de masse. La descente se fait à pied après avoir réglé 10 000 Rp à l’entrée. Une fois en bas, on découvre un bassin où nager et prendre la pose.

La rivière devant la cascade
Un habitant nous a indiqué une seconde cascade, moins accessible : il faut avancer dans la rivière, patauger dans l’eau jusqu’aux cuisses et franchir quelques rochers glissants. La première cascade suffit amplement pour les amateurs de paysages.
4. Bali Swing
Pas eu le temps d’y aller cette fois, mais difficile de passer à côté sur Instagram. Bali Swing propose cinq balançoires de hauteurs variées, des nids suspendus et un point de vue saisissant sur la vallée. L’entrée coûte 35$ US, avec accès illimité à toutes les balançoires et un buffet. Le prix peut sembler élevé, mais c’est le spot par excellence pour une photo spectaculaire.
Balançoires à Bali
Pour rentabiliser la visite, il existe un Bali Swing Waterfall Tour qui combine l’expérience de la balançoire et la visite de la cascade Tegenungan à un tarif plus avantageux.
Goûter Ubud : où s’attabler ?
1. Bebek Tepi Sawah ($$)
Impossible de passer à côté du Bebek Goreng, le fameux canard frit balinais. L’adresse, recommandée par une amie experte des lieux, tient toutes ses promesses. Le canard est croustillant, la vue sur la rizière apaisante. S’installer à même le sol à une table basse, face aux champs, donne tout son sens à l’expression “manger local”.
Laissez-vous tenter par le Sate Lilit (poulet haché sur tige de citronnelle) et le jus d’avocat. À Bali, ce dernier prend la forme d’un smoothie épais, sucré au lait concentré, parfois relevé de chocolat ou de café. Peu diététique, mais irrésistible.
2. Warung de Puspa ($)
Un “warung” est une cantine traditionnelle à petits prix. Au cœur d’Ubud, Puspa propose des plats entre 25 000 et 40 000 Rp. Le Nasi Campur (riz accompagné de plusieurs spécialités) y est incontournable. Essayez aussi le Chicken Satay et le Guacamole, servis avec des Krupuk (chips locales). L’association surprend et fonctionne parfaitement.

Un détour par Jalan Goutama s’impose, la rue regorge de petites adresses, de cafés et de produits bio à prix mini.
3. Warung Pondok Madu ($)
Attention aux erreurs de localisation sur Google Maps : l’adresse exacte se trouve à côté du Jati Cottage, près de la forêt des singes (la carte partagée plus haut est fiable). L’incontournable ici : les nouilles aux côtes de porc (BBQ Mie Iga), relevées comme il se doit. Les palais sensibles à l’épice sont prévenus ! La coupe à l’avocat mérite aussi le détour.
Mie Iga BBQ et Nasi Goreng façon Pondok Madu
4. Hujan Locale ($$$)
Nouvelle adresse dénichée dans le guide d’une amie. Les tarifs sont plus élevés (10-13$ US par plat), mais la qualité suit. Fusion de cuisines d’Indonésie, portions généreuses. Le canard au piment vert et le bœuf braisé Solo sont à tomber. Le Rawon était déjà épuisé lors de notre passage, mais la carte donne envie d’y revenir.
5. Fair Warung Balé (par la Fair Future Foundation) ($)
Face à Hujan Locale, ce restaurant solidaire reverse ses bénéfices à des actions médicales. Les plats sont simples et savoureux : Opor Ayam (poulet au curry) et Capcay (légumes sautés) font partie des classiques indonésiens les plus réconfortants.
6. Naughty Nuri’s ($$)
Impossible de passer à côté de cette institution. Tout le monde y vient pour les côtes de porc, réputées dans toute l’île. Commandez les ribs, quelques accompagnements et, pourquoi pas, une Bintang pour compléter le tableau.
Autres découvertes à Ubud
1. Art Teas
Une halte imprévue en plein centre d’Ubud, parfaite pour souffler entre deux visites. La carte propose thés balinais, indiens, chinois, et chaque table dispose d’un service complet pour infuser son thé dans les règles de l’art. Le service, proche d’une cérémonie japonaise, rend l’expérience unique.
2. Djamoekoe
Le “jamu” est une boisson traditionnelle à base de plantes, ancrée dans l’enfance de beaucoup d’Indonésiens. Chez Djamoekoe, on trouve une large sélection, dont le “Kunyit Asem” (curcuma, tamarin, cannelle). Ici, une grande bouteille coûte le prix d’un verre ailleurs, parfait pour découvrir ou renouer avec les saveurs de la tradition.
3. Spa Jaén
Un spa sans fioritures, mais des massages mémorables. Les praticiennes sont expérimentées, les soins constants d’une visite à l’autre. Préférez la formule 90 minutes, car l’heure passe bien trop vite et l’envie de revenir s’installe dès la sortie.
Idées d’excursions à la journée depuis Ubud
Pour varier les plaisirs, plusieurs options s’offrent à ceux qui veulent élargir le périmètre :
1. Ascension du mont Batur au lever du soleil
Le récit détaillé se trouve dans un article dédié, mais l’essentiel est là : une randonnée accessible, une vue spectaculaire sur le mont Agung et la satisfaction d’avoir gravi un volcan avant même 9 heures du matin.
Attente du lever du soleil au sommet du mont Batur
Le retour demande un peu de patience (1 à 1h30 de route), et l’après-midi se prête à la récupération.
2. Canyoning avec Adventure & Spirit
Première expérience de canyoning avec le groupe Adventure & Spirit : descente en rappel de cascades (jusqu’à 15m), saut de falaises (7m) et glissades sur ravin (10m). La peur du vide s’est vite effacée devant l’énergie de l’équipe. L’encadrement est pro, tout l’équipement est fourni, le transport depuis l’hôtel inclus. À 155$ US, l’expérience est à la hauteur, la sécurité aussi, et les souvenirs restent gravés.
Juste avant la descente en rappel de la cascade
3. Journée à Nusa Penida
Nusa Penida, île brute et sauvage au sud-est de Bali, offre des paysages saisissants, loin de l’agitation du continent. Moins facile d’accès depuis Ubud que depuis Seminyak, mais rien d’impossible : il suffit de partir tôt et de prévoir une heure de route jusqu’à Sanur. Tous les conseils pratiques figurent dans ce guide détaillé pour rejoindre Nusa Penida.
La plage de Kelingking vue depuis le sentier
Un guide dense, mais taillé pour donner envie de tout explorer. Pour aller plus loin, le guide complet de Bali (à lire ici) regroupe quartiers, plats, et toutes les idées pour ne rien manquer de l’île.





















