Situé sur la côte atlantique de la péninsule du Cap en Afrique du Sud, le Cap de Bonne-Espérance est un promontoire rocheux connu pour ses paysages magnifiques. Nous nous sommes rendus au cours de nos voyages en Afrique du Sud et nous avons adoré !Si vous voulez en savoir plus sur l’histoire du Cap de Bonne-Espérance, lisez la suite.
Qui a découvert le Cap de Bonne-Espérance ?
L’histoire, accrochée à la mémoire des navigateurs, retient le nom de Bartolomeu Dias (vers 1450-1500) pour la découverte du Cap de Bonne Espérance. Ce navigateur portugais croise le promontoire pour la première fois en 1488, alors qu’il rentre au Portugal après une expédition visant à dessiner les contours méridionaux de l’Afrique. À cette époque, Dias le baptise « Cape of Storms », autrement dit le Cap des Tempêtes. En espagnol, on parle de « Cabo Torementoso ». Ce que l’on sait de Dias reste brumeux. Certains avancent qu’il descendrait du pilote du prince Henri le Navigateur, mais la filiation laisse planer le doute. Ce qui est certain, c’est qu’il occupe une place discrète à la cour royale, simple écuyer, loin des fastes des grands commandants.
La découverte du Cap de Bonne-Espérance s’inscrit dans une logique d’expansion portée par le prince Jean, fils du roi Afonso V. Ce dernier supervise le commerce portugais avec la Guinée et lance la conquête de la côte ouest africaine. Lorsqu’il monte sur le trône en 1481, il interdit la navigation étrangère dans la zone et commande une série de nouvelles expéditions. Parmi elles, Dias reçoit pour mission de franchir la limite sud du continent. Son navire, le São Cristóvão, met les voiles avec à son bord quelques navigateurs de renom, son associé João Infante et son frère Pêro Dias. Le départ a lieu en août 1487. Au retour, à la fin de 1488, le Cap de Bonne-Espérance surgit dans leur sillage. Bartolomeu Dias disparaîtra en mer en 1500, son nom arrimé à cette découverte qui a changé la carte du monde.
Renommer la cape
Jean II du Portugal, le même souverain qui surveillait les routes commerciales du royaume, décide de rebaptiser le cap. Il opte pour l’appellation que l’on connaît aujourd’hui : le Cap de Bonne-Espérance (« Cabo da Boa Esperanca » en espagnol). Ce choix ne doit rien au hasard : sa découverte ouvre la voie maritime vers l’Inde, un espoir inespéré pour les ambitions européennes. Jean II, surnommé Le Prince Parfait, voit dans cette avancée la promesse de nouveaux horizons et la prospérité du royaume. Né en 1455 et mort en 1495, il règne de 1481 à sa mort et reste une figure marquante de l’histoire portugaise.
Histoire alternative du Cap de Bonne-Espérance
Les traces du passé ne se limitent pas aux récits européens. Certains documents font écho à des visites plus anciennes. Des explorateurs venus de Chine, du monde arabe ou du sous-continent indien auraient pu atteindre la région bien avant 1488. Des cartes anciennes, comme la Kangnido ou la Fra Mauro, viennent nourrir ces hypothèses.
La Kangnido, dont le nom complet est « Honil Gangni Yeokdae Gukdo Ji Do » signifiant « Carte des terres intégrées et des régions des pays et des capitales historiques », est conçue en Corée en 1402 par Yi Hoe et Kwon Kun. Si les exemplaires conservés ont tous subi des modifications au fil du temps, cette carte demeure une pièce maîtresse pour comprendre la représentation du monde au XIVe siècle en Asie.
En Italie, la carte de Fra Mauro, réalisée en 1450 par le cartographe éponyme, marque un tournant. Elle met fin à la domination de la géographie biblique en Europe et amorce une ère plus scientifique dans la cartographie. Pour l’époque, c’est la vision la plus fidèle du globe jamais produite.
Bien avant l’arrivée des navigateurs, la région du Cap occidental accueille déjà des communautés humaines. Les chasseurs-cueilleurs du paléolithique y vivent il y a environ 100 000 ans, franchissant les âges glaciaires. Vers 8 000 av. J.-C., les fouilles révèlent l’usage d’arcs et de flèches. Plus tard, autour de 2 000 av. J.-C., des tribus de l’intérieur introduisent l’agriculture, transformant durablement le paysage humain du Cap.
Visiter le Cap de Bonne-Espérance
Le Cap de Bonne-Espérance offre un décor à couper le souffle. Sa beauté brute, balayée par les vents et souvent enveloppée de nuages, impressionne autant qu’elle attire. Quelques éclaircies suffisent à révéler des paysages dignes des murs d’une galerie. Grimper jusqu’au phare reste l’un des temps forts du site. Trois chemins s’offrent à vous : longer la côte, partir du parking, ou bien embarquer à bord du funiculaire Flying Dutchman.
Le Cap de Bonne-Espérance n’est qu’à 70 km du centre du Cap. Comptez environ une heure de route pour y parvenir. De nombreux visiteurs choisissent de combiner l’excursion avec un détour par Boulders Beach et ses célèbres manchots africains. L’itinéraire par Chapman’s Peak et Nordhoek dévoile aussi des panoramas saisissants.
Une visite au Cap de Bonne-Espérance implique le paiement d’un droit d’entrée. Le site fait partie du parc national de la Montagne de la Table et relève de la gestion de SanParks. Voici les tarifs appliqués :
- Frais pour les visiteurs internationaux : Adultes (12 ans et plus) : 303 R$ par jour, enfants de 2 à 11 ans : 152 R$ par jour
- Frais pour les ressortissants de la SADC (sur présentation du passeport) : Adultes (12 ans et plus) : 152 R$ par jour, enfants de 2 à 11 ans : 76 R$ par jour
- Frais pour les citoyens et résidents sud-africains (carte d’identité requise) : Adultes (12 ans et plus) : 76 R$ par jour, enfants de 2 à 11 ans : 39 R$ par jour
Le Cap de Bonne-Espérance ne se résume pas à ses paysages. On y croise souvent des babouins, peu farouches. Les amateurs d’ornithologie trouvent aussi leur bonheur grâce à une grande diversité d’oiseaux. En chemin, il n’est pas rare d’apercevoir autruches, sauterelles géantes et, selon la saison, des baleines qui croisent au large. Un lieu où l’histoire, l’aventure et la nature s’entremêlent, invitant chacun à ressentir ce frisson unique qu’offre la pointe du continent africain.



