Quelle superficie couvre réellement l’Iran aujourd’hui ?

1 648 195 kilomètres carrés. C’est le territoire sur lequel s’étend aujourd’hui la République islamique d’Iran, au cœur du Moyen-Orient. Ce chiffre, massif, place l’Iran au 17e rang mondial par la taille, juste derrière les géants et juste devant de nombreux pays dont la superficie fait pâle figure en comparaison. Dans la région, seuls les sables de l’Arabie saoudite couvrent un territoire plus vaste.

La carte ci-dessus situe clairement l’Iran au centre du Moyen-Orient, là où l’Asie centrale, le plateau anatolien et le sous-continent indien se frôlent. Sept voisins l’entourent, dessinant une mosaïque de frontières qui racontent autant d’histoires que de kilomètres :

  • Afghanistan : 936 km
  • Arménie : 35 km
  • Azerbaïdjan, avec deux lignes frontalières distinctes : 432 km
  • Irak : 1 458 km
  • Pakistan : 909 km
  • Turquie : 499 km
  • Turkménistan : 992 km

La frontière la plus étendue ? Celle qui sépare l’Iran de l’Irak, sur près de 1 500 km. À l’inverse, la plus brève s’étire sur seulement 35 km, entre l’Iran et l’Arménie, comme une brèche minuscule dans le massif caucasien. Outre ces lignes terrestres, l’Iran regarde aussi vers trois étendues d’eau : le golfe Persique, le golfe d’Oman et la mer Caspienne.

Le relief iranien, lui, ne fait pas dans la simplicité. Les montagnes dominent le paysage. À l’ouest, la chaîne du Zagros, colossale, se dresse fièrement, ses sommets flirtant avec les 3 000 mètres. Au nord, le mont Damavand, volcan endormi mais impressionnant, règne en maître absolu : 5 609 mètres d’altitude, soit le point culminant du pays et le plus haut volcan du continent asiatique. Par temps clair, il domine l’horizon, visible à des dizaines de kilomètres à la ronde.

En s’enfonçant vers l’intérieur, l’Iran dévoile un vaste plateau central, ponctué de deux déserts de sel : le Dasht-e Lut et le Dasht-e Kavir. Ces étendues arides, brûlées par le soleil, sont presque inhabitées. Mais, à l’opposé, les deltas des rivières Rud-e-Gaz et Rud-e-Hara abritent une zone humide classée par la Convention de Ramsar, refuge précieux pour de nombreux oiseaux migrateurs.

Un autre visage de l’Iran se découvre au nord-ouest, avec le lac Urmia. Ce lac salé, qui fut autrefois l’un des plus grands du Moyen-Orient avec ses 5 200 km2, a longtemps pâti de la sécheresse et de l’irrigation intensive. En à peine quelques décennies, sa surface s’est effondrée de 80 %. Mais en 2018 et 2019, les pluies plus abondantes ont permis au lac de reprendre un peu de vigueur : la surface est remontée à 3 000 km2, un gain spectaculaire même si le niveau reste fragile.

Les images satellites de Terra MODIS, issues des observations de la NASA, montrent clairement l’évolution du lac après les pluies du printemps 2019. La profondeur du plan d’eau a gagné 62 centimètres en un an, un sursaut qui redonne espoir aux défenseurs de cette biodiversité menacée.

Pour mieux appréhender l’importance de ces espaces, il suffit d’évoquer les zones humides de Rud-e-Gaz et Rud-e-Hara, reconnues par la Convention Ramsar. Ces sites sont des haltes vitales pour les oiseaux d’eau, rappelant que le territoire iranien, loin d’être uniforme, compose un puzzle d’écosystèmes contrastés.

  • Zones humides Rud-e-Gaz et Rud-e-Hara, Iran

L’Iran, avec ses reliefs abrupts, ses déserts sans fin et ses lacs aux destins incertains, reste un territoire de démesure. Un pays où chaque kilomètre carré raconte une histoire, façonnée par la géographie autant que par les forces humaines et naturelles. Impossible de mesurer l’Iran uniquement à l’aune de sa superficie : c’est toute une mosaïque de paysages et de défis qui s’y joue, entre sécheresse, résilience et espoirs renouvelés.