On ne mesure pas le danger à la surface d’une carte ni à la beauté d’un paysage. En Amérique du Sud, certains pays affichent des taux de criminalité et d’instabilité qui frappent bien plus que les clichés de voyage. Voici un tour d’horizon sans fard des destinations les moins sûres du continent, appuyé par les chiffres du Global Peace Index et des exemples concrets qui rendent la réalité impossible à ignorer.
Quand la stabilité politique s’effrite, la sécurité quotidienne s’effondre. Les pays où l’État vacille voient leur attractivité fondre auprès des voyageurs et des investisseurs. Dans cette cartographie du risque, voici la liste des pays sud-américains qui cumulent les alertes, ainsi que quelques documentaires pour saisir la complexité de la situation.
Le Global Peace Index (GPI) dresse chaque année le classement de 172 nations selon leur niveau de paix. Derrière la froideur des statistiques, il documente les tensions qui traversent le continent.
Les pays d’Amérique du Sud où le risque est le plus élevé Source : Wikipédia (image GPI GLOBAL de 2018)
Dans cette sélection, on retrouve sept États où la vigilance n’est jamais un luxe :
- Venezuela
- Colombie
- Brésil
- Trinité-et-Tobago
- Guyana
- Paraguay
- Bolivie
Mis au point par l’Institute for Economics & Peace, le GPI sert de référence depuis plus d’une décennie. Pour calculer le score de chaque nation, il évalue l’implication dans les conflits, internes comme externes, et analyse un panel de 23 indicateurs. Ces critères chiffrés révèlent la réalité derrière les frontières.
À voir pour mieux comprendre :
Top 7 des pays les plus dangereux d’Amérique du Sud, Sélection de documentaires et émissions Netflix
Venezuela
Le Venezuela occupe la première place en matière de dangerosité sur le continent. Instabilité politique, flambée de violence, hausse des crimes : le décor est posé. Sa position sur le GPI (144e) en dit long. La violence sévit autant dans la capitale qu’en province. Selon les données, le pays figure parmi ceux où le taux d’homicide est le plus élevé au monde.
L’augmentation des enlèvements est frappante, tout comme la fréquence des vols à main armée. Les zones à risque incluent les résidences, hôtels, aéroports et taxis non officiels. Certains sites touristiques sont devenus de véritables foyers de criminalité.
La pauvreté qui encercle Caracas s’accompagne de son lot de dangers. Les quartiers populaires en périphérie sont à éviter. Le pickpocketing reste un fléau majeur, notamment autour des gares routières et ferroviaires de la capitale. Les pickpockets s’habillent élégamment pour passer inaperçus, particulièrement aux heures de pointe.
Pour saisir l’ampleur du phénomène, la vidéo « L’effondrement du Venezuela, expliqué » s’avère instructive.
Un phénomène inquiétant s’est répandu : l’« enlèvement express ». Le principe : des victimes retenues brièvement, le temps d’exiger une rançon. Le choix des victimes se fait au hasard, et la détention dépasse rarement une heure. Parfois, les criminels réclament des informations personnelles via de faux questionnaires. La prudence reste de mise face à toute sollicitation inhabituelle, car certains ont reçu par la suite des appels de menace et des demandes de rançon.
Les déplacements en voiture exposent également au risque de carjacking, de jour comme de nuit. Les véhicules haut de gamme sont particulièrement visés, souvent percutés par l’arrière ou interceptés pour dépouiller leurs occupants.
Colombie
La Colombie, réputée pour ses plages, sa gastronomie et sa culture, est classée 143e au GPI. La criminalité y demeure élevée, surtout dans certains hôtels où les vols à main armée sont fréquents. Avant de réserver, il est judicieux de s’informer sur les dispositifs de sécurité en place.
Bogota concentre de nombreux risques. Parmi les infractions recensées : agressions, vols à l’arme blanche ou à feu, fraudes à la carte bancaire. Résister lors d’un vol peut avoir de graves conséquences, certains cas ayant conduit à des blessures graves ou des décès. Des incendies d’autobus commis par des groupes criminels, terroristes ou manifestants surviennent également.
Pour prendre la mesure de l’évolution du pays, un documentaire aborde comment la ville autrefois la plus meurtrière du monde a pu se transformer.
Les taxis pris au hasard dans la rue exposent à des « ride-jackings ». Les victimes se retrouvent escortées de distributeur en distributeur, jusqu’à ce que les agresseurs aient vidé leurs comptes. Les cyberattaques sont aussi en hausse, certaines motivées par la politique, d’autres par l’appât du gain, y compris le piratage du compte email présidentiel.
Des substances comme la scopolamine sont utilisées pour neutraliser les victimes lors de vols. Leurs effets peuvent durer plus de 24 heures.
Malgré ces réalités, la Colombie reste une destination de choix pour beaucoup. Il existe quantité de lieux sûrs et d’expériences inoubliables. Mais la vigilance s’impose à chaque étape.
Brésil
Le Brésil occupe la 116e position au classement GPI. Un conseil s’impose : ne pas attirer l’attention. Privilégier la discrétion, éviter les vêtements ou accessoires tape-à-l’œil. Les voleurs ciblent volontiers ceux qui affichent leur réussite.
Pour limiter les risques, il vaut mieux se déplacer avec peu d’espèces et un minimum de cartes bancaires. Après une séance de shopping, mieux vaut déposer ses achats à l’hôtel avant de sortir à nouveau. Les vols d’appareils électroniques, en particulier les téléphones haut de gamme, se sont multipliés ces dernières années.
Certaines zones sont à éviter, surtout lors des périodes festives ou dans les grandes villes comme Rio, São Paulo et Salvador. Les délits augmentent à l’approche de certains jours fériés. Un documentaire immersif vous permet d’apercevoir l’intérieur des favelas de Rio.
La criminalité de rue sévit partout, et même les seniors ne sont pas épargnés. Certains adolescents se servent d’armes à feu pour dépouiller les victimes. Le pickpocketing prolifère, avec des méthodes de diversion créatives : moutarde, peinture, faux mendiants… le moindre moment d’inattention suffit.
La fraude bancaire est un autre fléau, notamment aux distributeurs automatiques. Les voleurs usent de techniques sophistiquées pour subtiliser des fonds. Pour éviter les arnaques à la carte, il est recommandé de payer en liquide dans les commerces réputés.
Malgré tout, le Brésil offre des merveilles à découvrir. Un minimum de précautions permet de profiter des richesses du pays. Pour préparer votre voyage, n’hésitez pas à consulter cet article sur les précautions à prendre avant de partir au Brésil.
Trinité-et-Tobago
Ce petit État composé de deux îles caribéennes se place à la 93e place du classement GPI. Trinidad attire pour ses découvertes urbaines, Tobago pour son ambiance insulaire. Mais derrière la carte postale, certains quartiers de la capitale restent à risque.
Là, les agressions sexuelles, la violence des gangs et les vols s’inscrivent dans le quotidien de certaines communautés. Les plages isolées sont à éviter, surtout la nuit. Les escroqueries à l’aéroport se multiplient, les voyageurs étant parfois suivis jusqu’à leur logement et dépouillés.
Les réseaux routiers sont bien développés, mais des criminels bloquent parfois la circulation avec des débris pour piéger les automobilistes. Si vous êtes confronté à ce type de situation, rester dans la voiture et tenter de poursuivre votre route reste le réflexe à adopter.
Guyana
Le Guyana, 92e au GPI, occupe la pointe nord du continent. L’anglais y est la langue officielle et l’accueil réputé chaleureux, mais les visiteurs doivent composer avec bon nombre de risques.
Outre les vols à la tire, les actes de violence ne sont pas rares. Garder sur soi une pièce d’identité valide en permanence évite d’avoir à se justifier auprès des autorités.
Le trafic de drogue sévit dans le pays. Pour éviter les ennuis, ne transportez jamais d’objet dont vous n’êtes pas l’acquéreur, et ayez sur vous les ordonnances de vos médicaments. Les escroqueries, notamment la circulation de fausse monnaie, sont fréquentes : des inconnus proposent des taux de change attractifs, mais l’argent reçu n’a aucune valeur.
Il est préférable de s’en tenir aux établissements agréés pour les opérations de change, même si le taux est moins avantageux. Comme dans nombre de destinations touristiques, les pickpockets sont nombreux.
Paraguay
Le Paraguay, classé 88e, a connu de longues années d’instabilité et affiche un taux de criminalité préoccupant. Les grandes villes restent globalement sûres, mais certains centres urbains voient la violence progresser depuis dix ans.
En cas d’agression armée, il est conseillé de ne pas opposer de résistance. Les vols à l’arraché, parfois commis par des motards, sont fréquents. Les autres délits courants incluent le vol à la tire, les agressions et le vol de bijoux. Quelques précautions s’imposent :
- Ne pas porter d’objets de valeur ou de bijoux voyants
- Éviter de transporter d’importantes sommes en liquide
- Rester discret avec ses appareils électroniques
- Faire preuve de prudence lors des retraits aux distributeurs automatiques
Pour les questions d’argent, il vaut mieux privilégier les services officiels. Les offres de change à bas prix émanant de revendeurs non autorisés sont souvent des pièges. Certaines zones urbaines, notamment Asunción et Salto del Guairá, sont à éviter lors de déplacements nocturnes.
La position du Paraguay dans le classement peut surprendre, mais la vigilance reste de mise.
Bolivie
La Bolivie fascine par ses paysages et la diversité de sa nature, entre hauts plateaux andins et vallées subtropicales. Mais derrière cette richesse se cache une criminalité persistante.
Les délits contre les biens et les personnes sont fréquents, notamment sur les marchés et dans les logements. Les vols à la tire, les arrachages de sacs et le vol de téléphones portables touchent particulièrement les touristes. Il vaut mieux éviter les foules. La violence domestique reste également un problème, et il n’est pas rare que des visiteurs découvrent ce pan sombre du pays. Des vols avec usage de drogues ont été signalés dans les bars et clubs.
Les cambriolages de domiciles, parfois facilités par la complicité de personnels domestiques, ne sont pas rares. La Paz concentre le plus haut niveau de menace, en raison de l’instabilité politique et des manifestations, qui peuvent vite dégénérer. Des troubles similaires surviennent à Santa Cruz et Cochabamba. Récemment, des bureaux électoraux ont été incendiés lors de mouvements de contestation.
La tension ne retombe pas, et la prudence s’impose lors de toute mobilisation. Même une manifestation pacifique peut basculer en quelques minutes.
Ces pays figurent parmi ceux où le danger plane le plus, selon le Global Peace Index. Pour limiter les risques, s’informer à fond avant le départ reste la première étape incontournable.
En Amérique du Sud, la réalité dépasse parfois la fiction. Voyager, c’est aussi savoir où l’on met les pieds, et dans certains cas, garder un œil ouvert n’est pas seulement une précaution, mais une nécessité.



















