Une interdiction frappe net : sur certains quais parisiens, les trottinettes électriques n’ont plus droit de cité, selon la volonté municipale. À Nice, la Promenade des Anglais se ferme à ces engins, privilégiant les vélos. Marseille, elle, multiplie les zones piétonnes où la sanction attend celles et ceux qui oseraient braver la règle.
Impossible de s’y retrouver d’un simple coup d’œil. D’une ville à l’autre, parfois d’un trottoir à la rue voisine, les arrêtés municipaux s’empilent ou, au contraire, laissent souffler un vent de tolérance. Pour l’utilisateur, la navigation ressemble à un parcours semé d’incertitudes et de panneaux contradictoires.
Comprendre la législation nationale sur les trottinettes électriques
Forte de son essor sur l’asphalte français, la trottinette électrique a désormais sa place dans la catégorie des engins de déplacement personnel motorisé. Le code de la route pose un cadre précis. Premier filtre : il faut avoir au moins douze ans pour rouler. En dessous, c’est interdit, tout simplement.
Pour y voir clair, voici les principales règles imposées :
- Pistes cyclables en priorité : dès qu’elles existent, elles s’imposent comme itinéraire obligé. Sinon, direction la chaussée, mais jamais les trottoirs, sauf dérogation locale.
- Vitesse plafonnée à 25 km/h sur la voie publique. Un dépassement, et c’est la sanction : amende, immobilisation de l’engin, parfois les deux. Certains essaient de débrider leur trottinette, mais la loi veille.
Casque ou pas ? Les plus de douze ans peuvent s’en passer, même si la prudence pousse à s’équiper. En revanche, dès que la nuit tombe ou que la visibilité baisse, le gilet réfléchissant devient obligatoire. Chaque engin doit embarquer feux avant et arrière, dispositifs réfléchissants, avertisseur sonore et système de freinage efficace.
L’assurance responsabilité civile n’est pas une option. En cas d’accident, il faut pouvoir répondre des dégâts causés aux autres. Plusieurs offres spécifiques existent pour protéger à la fois l’utilisateur et les tiers, un réflexe de plus en plus courant à mesure que la réglementation se durcit.
Quelles villes françaises interdisent l’usage des trottinettes électriques ?
La loi nationale laisse aux municipalités une vraie marge de manœuvre. Certaines, comme Paris, ont tranché : depuis septembre 2023, plus aucune trottinette électrique en libre-service ne circule dans la capitale. La décision, issue d’une consultation auprès des habitants, marque un tournant : l’incivilité et la bataille pour l’espace public ont eu raison de ces services.
Dans d’autres métropoles, la tendance reste à la régulation plutôt qu’à l’interdiction totale. À Lille, Bordeaux ou Marseille, les trottinettes électriques sont toujours là, mais la circulation sur les trottoirs est strictement bannie. Les municipalités imposent des règles strictes sur la vitesse et le stationnement, sous peine de sanction. Les opérateurs, de leur côté, verrouillent automatiquement les engins hors des zones prévues.
Dans les villes de taille moyenne ou plus petites, le phénomène est moins massif. L’offre de trottinettes en libre-service y est rare, mais la vigilance monte : certains maires réfléchissent à des arrêtés pour limiter l’accès aux places centrales lors d’événements ou en période de forte affluence. Le paysage français dessine ainsi une mosaïque d’interdictions et de tolérances, qui évolue au fil des usages et des débats locaux.
Zoom sur les règles de circulation à respecter selon les communes
D’un centre-ville à l’autre, la réglementation change. À Paris, le retrait des services en libre-service n’a pas effacé la règle : rouler sur les trottoirs reste formellement interdit, sauf pour les enfants de moins de douze ans, et seulement s’ils tiennent la trottinette à la main. Dans les grandes villes comme Lyon, Toulouse ou Strasbourg, la cohabitation s’organise sur les pistes cyclables ou la chaussée, jamais sur les trottoirs. Les tensions existent, mais la règle s’applique partout de la même façon.
Pour s’y retrouver, voici les principales obligations à respecter :
- Vitesse limitée à 25 km/h sur la chaussée ou les pistes cyclables, conformément au code de la route.
- Stationnement : il doit se faire uniquement dans les espaces prévus. Laisser une trottinette devant une porte cochère, une entrée d’immeuble ou sur un passage piéton expose à une amende.
- De nuit ou par visibilité réduite : le port d’un gilet réfléchissant devient obligatoire hors agglomération.
La sécurité prend une dimension locale. À Bordeaux, des zones de circulation restreinte apparaissent et la mairie multiplie les messages de prévention sur les risques d’accident. À Nantes, la police municipale est sur le terrain pour contrôler la vitesse, les équipements obligatoires et le respect de la signalisation. Dans les quartiers résidentiels de certaines petites villes, des panneaux rappellent les interdictions de stationnement sauvage et les règles de partage de l’espace public.
Ce que risquent les contrevenants : sanctions et contrôles en France
La réglementation trottinette ne tolère pas l’improvisation. Les contrôles, menés par la police et les agents municipaux, se multiplient dans les grandes villes. Rouler sur un trottoir, c’est s’exposer d’emblée à une amende de 135 euros. Un stationnement gênant sur un passage piéton, une zone réservée ou la chaussée peut coûter jusqu’à 49 euros.
La liste des infractions et des sanctions ne s’arrête pas là :
- Rouler sur le trottoir : 135 €
- Dépassement de la vitesse maximale : 135 €
- Absence de certains équipements (feux, avertisseur, dispositifs réfléchissants) : de 11 à 35 €
- Stationnement non réglementaire : 49 €
Un autre point ne doit jamais être négligé : ne pas souscrire d’assurance responsabilité civile expose à devoir assumer soi-même les conséquences d’un accident. La facture peut alors s’avérer bien plus lourde qu’une simple amende.
Face à la multiplication des contrôles, le message est limpide : pas de place pour l’approximation. Les règles sont là, visibles, connues, et leur non-respect se paie comptant. Reste à chacun de choisir entre la liberté de circuler… et le risque d’une sanction qui, parfois, ne prévient pas avant de tomber.


